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Focus sur le cryptage : un outil essentiel dans notre quotidien numérique

Le cryptage se définit comme un moyen de convertir un texte clair en texte chiffré, ce procédé est appelé le chiffrement. Le destinataire peut déchiffrer le message grâce à une clé de déchiffrement. Ce concept contribue à sécuriser les données numériques qui se trouvent sur le cloud ou stockées localement.

Thumbnail- Focus sur le cryptage
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Alors que la digitalisation n’est plus une option, mais une nécessité pour les entreprises, ceci a contribué à la croissance du volume des données. Selon une étude du Ponemon Institute, la protection de données personnelles devient une priorité pour les entreprises dans le domaine informatique.

Ainsi, pour la première fois depuis des années, la protection des données clients représente le premier motif de cryptage chez les entreprises en 2020. De son côté, la conformité réglementaire n’arrive qu’en quatrième position alors qu’elle dominait le classement pendant des années. Ces chiffres démontrent que les entreprises n’adoptent pas le cryptage à cause des exigences. Au contraire, il s’inscrit dans une démarche proactive.

Un autre fait intéressant, la France se trouve en tête des pays qui chiffrent le plus ses données. 67 % des organisations françaises utilisent le cryptage alors que la moyenne mondiale est de 23 %. Ces chiffres démontrent l’utilité de cette méthode dans le domaine de la cybersécurité. Mais en quoi consiste le cryptage exactement ? Quels sont les différents types de cryptage, les algorithmes utilisés ?

Le fonctionnement d’un cryptage

Selon les prévisions de Statista, le volume de données dans le monde pourrait dépasser les 180 zettaoctets en 2025 sachant qu’il était à seulement 2 zettaoctets en 2010. Ces chiffres démontrent la croissance exponentielle des données échangées sur internet. Ces données incluent des informations sensibles sur les utilisateurs, les paiements en ligne, les échanges de messages privés, les services bancaires en ligne, etc. Si toutes ces informations tombent entre de mauvaises mains, elles peuvent causer des dégâts irréversibles pour l’entreprise victime.

Dans ce contexte, plusieurs solutions permettent de renforcer la sécurité des échanges de données personnelles. Le cryptage figure parmi l’une d’entre elles. Actuellement, trois méthodes de chiffrement sont utilisées à savoir le chiffrement symétrique, asymétrique et le hachage.

Le cryptage consiste à rendre des données illisibles pour les tierces personnes qui n’en sont pas les destinataires. Il s’agit d’une véritable discipline scientifique appelée la cryptographie. Cette science est loin d’être nouvelle. Au contraire, elle existe depuis plus de 3000 ans.

Dans son usage en informatique, les données initiales sont nommées « texte en clair ». Lorsqu’elles sont cryptées, elles deviennent un « texte chiffré ». Les formules de cryptage et de décryptage de ces messages sont appelées des chiffrements.

L’efficacité d’un chiffrement repose sur une variable appelée « clé ». Celle-ci rend chaque chiffrement unique. Si jamais des données chiffrées tombent dans les mains d’un intrus, celui-ci doit d’abord deviner le chiffrement du message ainsi que la clé. Le temps nécessaire pour décrypter ce message décourage les pirates, ce qui fait du cryptage un outil de sécurité efficace.

Le chiffrement symétrique

Dans cette méthode de cryptage, les données lisibles sont chiffrées pour devenir illisibles à partir d’une clé. Une fois le chiffrement fait, les données peuvent être envoyées à leur destinataire en toute sécurité. De son côté, le destinataire utilise la même clé pour décrypter le message.

Le chiffrement symétrique repose de ce fait sur la clé. Celle-ci doit être minutieusement conservée à l’abri des étrangers. Cette clé peut être une combinaison de caractères aléatoires. Les algorithmes de chiffrement les plus utilisés sont le Data Encryption Standard (DES), l’International Data Encryption Algorithm (IDEA) ou encore l’Advanced Encyrption Standard (AES).

Le chiffrement asymétrique

Cette méthode présente le même fonctionnement que le chiffrement symétrique sauf pour la clé de chiffrement. La clé de déchiffrement du message est complètement différente de celle de chiffrement.

Ainsi, la clé de cryptage est appelée « clé publique ». Tous les utilisateurs d’un même réseau peuvent s’en servir pour chiffrer des données. Par contre, la clé de décryptage est privée et réservée à un seul utilisateur, d’où son nom « clé privée ». Cela réduit les chances de réussite d’une tentative de piratage. Le RSA et le Diffie-Hellman sont des algorithmes de chiffrement asymétrique.

Le hachage

Cette méthode de cryptage repose sur un algorithme nommé fonction de hachage pour chiffrer les données. La chaîne spéciale formée est appelée hachage. La différence avec les deux premières méthodes est qu’une fois les données cryptées, elles ne retrouvent plus leur état initial après le déchiffrement.

Cette méthode garantit un niveau de sécurité élevé contre le piratage informatique. Si un hacker réussit à mettre la main sur le hachage, celui-ci n’a pas de valeur puisqu’il est impossible de décrypter le contenu.

Enveloppe numérique

Chacune de ces méthodes présente des inconvénients. Pour la méthode symétrique, la faille se situe au niveau de la sécurité de la clé. Si le pirate accède à la clé, le déchiffrement devient facile. Les pirates se servent de la « personne du milieu », c’est-à-dire des réseaux de tromperie pour contourner la sécurité d’un cryptage asymétrique. Enfin, le niveau de sécurité du hachage repose sur la technique utilisée. Celle-ci doit être assez sophistiquée pour contrer les attaques par force brute.

Compte tenu de ces faiblesses, quelle méthode doit-on privilégier ? La combinaison de deux d’entre elles s’avère plus efficace. Les experts se servent généralement de la méthode par clé secrète (symétrique) pour faciliter le décryptage. De son côté, la méthode par clé publique représente un moyen sécurisé pour envoyer la clé privée. Dans le domaine de l’informatique, cette technique est appelée « enveloppe numérique ».

Brève historique de la cryptographie

Contrairement aux idées reçues, le cryptage n’est pas né avec l’ère numérique. L’existence des premières méthodes de chiffrement remonte à la civilisation babylonienne, soit 3000 ans av. J.-C. La plus ancienne forme de cryptage est le hiéroglyphe. Il a fallu attendre le travail de Jean-François Champollion pour déchiffrer ces messages.

Plus tard, dans l’Antiquité, Sparte se servait d’un bâton pour enrouler un parchemin avant d’écrire le message. Appelé aussi scytale, le destinataire devait disposer du même bâton pour décrypter le message.

Le chiffre de César est apparu au premier siècle avant notre ère. Considérée comme la méthode de chiffrement la plus célèbre de l’histoire, elle consiste à substituer chaque lettre par une autre qui se trouve à distance fixe dans l’ordre alphabétique. Ce chiffrement par substitution nécessitait que l’expéditeur et le destinataire conviennent de la distance.

La méthode a subi de nombreuses modifications au fil des années pour le rendre indéchiffrable. Ainsi, les distances devenaient aléatoires.

La plupart des chiffrements de l’Antiquité ont été décodés au Moyen Âge. Cela incite les cryptographes à trouver de nouvelles méthodes à cette époque. De plus, les questions diplomatiques étaient très sensibles. L’histoire retient par exemple le décryptage réussi d’un des messages de Marie Stuart, interceptée par la cour d’Élisabeth 1ʳᵉ, reine d’Angleterre. Le déchiffrement révèle l’implication de la reine d’Écosse dans la tentative d’assassinat de sa cousine, ce qui conduit à sa condamnation à mort.

Le chiffrement mécanique marque un tournant dans la cryptographie. Apparue au début du XXᵉ siècle, son développement est accéléré par les efforts militaires pendant la Première Guerre mondiale. Enigma fut l’une des machines les plus célèbres de cette époque.

La machine subit de nombreuses améliorations et est utilisée par l’Allemagne nazie par la suite. Cependant, les Alliés ont réussi à décrypter Enigma. La machine devient alors une source d’informations précieuses pendant la guerre.

Le chiffrement numérique voit le jour en 1976. Cette année-là, le NBS valide la création de l’algorithme DES (data encryption standard). Cette découverte marque un tournant dans l’histoire du cryptage. En effet, s’ensuit ensuite la naissance du chiffrement à clé symétrique et à clé publique.

Les différents types de cryptages populaires

BYOE ou bring your own encryption est une solution proposée pour les utilisateurs du cloud computing. Les fournisseurs de services cloud utilisent généralement un chiffrement AES pour protéger les données des clients. Au-delà de ces solutions natives, le client peut renforcer le niveau de sécurité de ses données grâce au chiffrement BYOE. Il peut utiliser son propre logiciel de chiffrement.

EaaS ou chiffrement en tant que service repose sur un système d’abonnement. Cette solution s’adresse aux entreprises n’ayant pas les ressources nécessaires pour se conformer aux exigences réglementaires. Ce service propose généralement le chiffrement des bases de données et des fichiers ainsi que du disque complet.

Le chiffrement au niveau du champ cible les champs spécifiques d’un site web. Prenons l’exemple d’un site e-commerce, la page de paiement implique le renseignement des informations comme le numéro de compte bancaire ou le numéro de la carte de crédit dans les champs vides. Une fois un champ validé pour le chiffrement, toutes les données qui y sont renseignées sont directement cryptées.

Le chiffrement de bout en bout (E2EE) est une méthode de cryptage utilisée dans le domaine de la messagerie. Même si un pirate intercepte le message, il dispose de peu de marges pour le crypter. Des applications comme WhatsApp et Signal utilisent ce circuit de communication crypté pour protéger les données de leurs utilisateurs.

Le FDE se définit comme un cryptage au niveau matériel. La technique consiste à convertir toutes les données sur un disque local en données chiffrées. La conversion en texte lisible requiert une clé d’authentification. En l’absence de cette clé, les données sur le disque dur restent chiffrées même s’il est placé sur un autre ordinateur.

La cryptographie quantique consiste à utiliser les lois de la physique au lieu des propriétés mathématiques pour mettre en place un chiffrement. Cette technologie repose sur le principe d’incertitude d’Heisenberg. Cela signifie que les données chiffrées quantiquement ne peuvent pas être dérobées ou copiées sans risquer de les modifier. Le propriétaire du message est directement informé de la tentative de cryptage en cas d’attaque.

 

Quelques exemples d’application du cryptage

Les utilisateurs sont entourés de données chiffrées sans s’en rendre compte. Le chiffrement sert à protéger aussi bien des données au repos (stockées sur un disque dur par exemple) et des données en transit (éléments envoyés par mail). Prenons l’exemple de l’achat en ligne, le cryptage sert à protéger les informations sensibles de l’acheteur. Selon Statista, le montant des fraudes bancaires s’élevait à 525 millions d’euros en France en 2020. Ce chiffre motive les entreprises à sécuriser les transactions financières, notamment les sites e-commerce.

La signature numérique représente un autre exemple d’application du chiffrement. Le « zéro papier » s’inscrit dans la démarche RSE de nombreuses entreprises. Dans ce contexte, il faut trouver un moyen pour garantir l’authenticité d’une signature numérique. Le chiffrement garantit l’identité des signataires.

Le chiffrement asymétrique est la méthode utilisée pour réaliser une signature numérique. Néanmoins, cette application est strictement encadrée par la norme ETSI et le règlement eIDAS en France et en Europe. La signature permet aujourd’hui de valider des transferts de fonds, d’installer un logiciel, etc.

Les applications de messagerie utilisent également le chiffrement des données pour sécuriser les échanges des utilisateurs. Le chiffrement de bout en bout de WhatsApp en est l’exemple. Le cryptage s’effectue uniquement sur les données. Ainsi, même si les pirates réussissent à déchiffrer les clés, ils ne peuvent pas lire les messages. Le chiffrement asymétrique est la méthode utilisée dans ce cas.

Le protocole HTTPS représente un autre exemple de l’utilisation du chiffrement. Son objectif est de sécuriser les données qui transitent entre le navigateur et le cloud ou le serveur. Le chiffrement asymétrique garantit une connexion sécurisée. Le chiffrement symétrique intervient ensuite tout au long de l’utilisation du site.

Les différentes solutions pour chiffrer ses données

La France a enregistré 385 000 attaques en 2022 selon le cabinet Asterès. Le coût de ces violations s’élève à 2 milliards d’euros. L’ampleur de ce chiffre démontre la pertinence de la protection des données. Le marché regorge de différents types d’outils de cryptage. Il revient à l’entreprise de choisir le plus approprié selon ses besoins.

Chiffrement par navigateur sécurisé

Il présente les mêmes fonctions qu’un navigateur classique, mais avec le chiffrement en plus. Un cryptage intégré chiffre automatiquement toutes les données de navigation. Il peut également se présenter sous la forme d’une extension de sécurité.

Le navigateur sécurisé représente le moyen le plus simple pour protéger les données pour une personne qui utilise régulièrement internet. Il apporte une couche de sécurité supplémentaire au chiffrement natif sur les sites e-commerce.

Les outils de chiffrement gratuits

Bien que le marché du cryptage commence à prendre de l’ampleur, il existe encore des outils gratuits pour chiffrer les données stockées localement. Ces outils offrent un chiffrement de qualité malgré leur prix. Les logiciels opensource les plus connus sont VeraCrypt, AxCrypt ou encore FileVault.

Les messageries chiffrées gratuites

Il arrive que les conversations privées entre collègues tombent dans les mains d’un hacker. Pour éviter qu’il accède à des informations sensibles, il est préférable d’utiliser des applications de messagerie chiffrées. Le principal avantage de ces outils réside dans leur gratuité. Les plus connus d’entre eux sont Signal, Telegram et WhatsApp.

Les outils de chiffrement des e-mails

Les services de messagerie classiques représentent la forme de communication la moins sûre. Pourtant, des informations sensibles transitent par ce canal. Le chiffrement des e-mails rend le mail illisible sauf à son destinataire. Les outils comme Encrypto ou GNU Privacy Guard sont des exemples d’applications de chiffrement d’e-mails.

Les outils de chiffrements de sites web

Sachant que les internautes français passent 2 h 18 sur internet quotidiennement d’après une étude Médiamétrie en 2022, le chiffrement des sites web est plus que jamais indispensable. Le cryptage des identifiants de connexion s’avère également essentiel. Le marché regorge actuellement de gestionnaires de mots de passe capables de stocker les mots de passe dans un espace crypté.

Les VPN pour chiffrer la connexion

De leur côté, les VPN réussissent à chiffrer entièrement la connexion de l’utilisateur. Le trafic transite dans un tunnel privé afin de ne pas être suivi par les annonceurs ou les fournisseurs d’accès internet. De plus, l’installation de ces outils ne demande pas de compétences particulières. Les utilisateurs ont le choix entre plusieurs VPN gratuits sur le marché. Les versions payantes sont nécessaires pour bénéficier des fonctionnalités avancées.

 

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C'est quoi le cryptage ?

Le cryptage est un processus qui rend les données illisibles pour des tiers non autorisés, en utilisant des méthodes telles que le chiffrement symétrique, asymétrique et le hachage. Il s'agit d'une discipline scientifique appelée cryptographie, qui existe depuis plus de 3000 ans. En informatique, les données initiales, appelées "texte en clair", sont transformées en "texte chiffré". Le processus de cryptage et de décryptage utilise des formules appelées chiffrements, et l'efficacité dépend d'une clé unique qui rend chaque chiffrement distinct.

Quelles sont les différentes méthode de cryptage ?

Les principales méthodes de cryptage sont le chiffrement symétrique, le chiffrement asymétrique et le hachage. Le chiffrement symétrique utilise une seule clé pour chiffrer et déchiffrer les données, tandis que le chiffrement asymétrique utilise une paire de clés distinctes : une clé publique pour chiffrer et une clé privée pour déchiffrer. Le hachage convertit les données en une chaîne de caractères fixe, offrant une empreinte unique pour vérification. Ces méthodes sont utilisées pour sécuriser les communications et protéger les données sensibles dans les environnements numériques.