Avec l’ambition affichée de doubler le nombre d’emplois dans la filière, la cybersécurité est devenue l’une des plus attractives du numérique. En 2026, le chiffre d’affaires de la filière cybersécurité dépasse les 20 milliards d’euros en France. Les opportunités de carrière sont nombreuses et ce, quel que soit le profil. L’occasion pour un professionnel du numérique ou de l’informatique d’envisager une reconversion dans un secteur innovant et en croissance.

Romain Charbonnier
Par Romain Charbonnier
Journaliste indépendant
Contenu mis à jour le
9 formations en cybersécurité
COMMENT SE RECONVERTIR DANS LA CYBERSÉCURITÉ ?
En résumé : La France compte plus de 80 000 professionnels de la cybersécurité et 15 000 à 20 000 postes non pourvus chaque année. Avec DORA applicable depuis janvier 2025 et NIS2 en cours de transposition, les opportunités de reconversion n’ont jamais été aussi larges. Les salaires débutent entre 35 000 et 42 000 € brut/an pour un profil junior et peuvent dépasser 100 000 € en postes à responsabilité.

Très forte demande en personnel, nombre de formations en croissance, rémunérations attractives, évolutions diverses : la filière de la cybersécurité ne connaît pas la crise. Si les différentes études publiées récemment ont montré une meilleure protection des organisations, une plus forte anticipation des risques et une prise de conscience plus importante de leur part, les menaces demeurent toujours bien présentes. Elles sont même parfois plus sophistiquées.

Des besoins en compétences

Quelles compétences acquérir pour une reconversion en cybersécurité ?

Dans son Panorama de la cybermenace 2024, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information recense 1 366 incidents traités, un niveau qui confirme la progression continue de la menace. Et encore, ce chiffrage ne prend pas en compte les nombreuses tentatives de déstabilisation.

« La menace cyber se maintient à un niveau élevé en se déportant sur des entités moins bien protégées. Les acteurs malveillants poursuivent l’amélioration constante de leurs capacités à des fins de gain financier, d’espionnage et de déstabilisation. » Source : ANSSI

Les premières concernées sont ainsi les entreprises comme les PME, moins bien équipées. Si bien que pour les protéger face aux attaques informatiques, pour développer des solutions innovantes, mieux sensibiliser dirigeants et salariés, les besoins en compétences sont innombrables. Qu’il s’agisse de travailler pour un prestataire de services spécialisés en cybersécurité, d’un fournisseur d’outils de cybersécurité ou directement au sein d’une entreprise en ayant la responsabilité du volet cybersécurité, il est possible de trouver ce que l’on recherche.

Facteur humain : renforcer la conscience et la résilience

La composante humaine demeure un maillon essentiel dans la chaîne de sécurité. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître une tentative de hameçonnage, mais aussi de sensibiliser les individus aux différentes formes d’attaques, telles que les arnaques de type faux-président. La formation doit viser à éduquer les utilisateurs sur les comportements sécuritaires, à comprendre les malwares, les analyser et encourager la prudence face à leur téléchargement, ainsi qu’à renforcer la résilience collective face aux techniques d’ingénierie sociale de plus en plus sophistiquées.

Voir la formation pro « Cybersécurité et fondamentaux du numérique »

Corentin Beltrame, chargé des admissions Guardia CS

Corentin Beltrame

Chargé des admissions, formation continue, Guardia Cybersecurity School

« La plupart des candidats en reconversion bloquent sur deux points : choisir le bon métier cible et identifier le bon financement. Ce sont exactement les deux questions que je travaille avec chaque candidat avant même de parler de formation. »

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Apprendre à protéger les données personnelles des clients et des collaborateurs

La protection des données personnelles représente un impératif éthique et réglementaire. Il est nécessaire de mettre en place des mesures hybrides qui allient des solutions techniques avancées à une gestion rigoureuse des accès. Cette approche permet de garantir la confidentialité des informations sensibles des clients et des collaborateurs, tout en facilitant une utilisation efficace des données dans le respect des normes de protection de la vie privée.

Sécuriser les systèmes d’information

Au-delà de la sensibilisation et de la gestion des données, la cybersécurité exige une expertise technique avancée. La mise en place de systèmes d’informations sécurisés constitue un pilier fondamental. Cela englobe la gestion des pare-feu, la surveillance constante des activités suspectes, et la mise en œuvre de protocoles de chiffrement robustes. Une approche proactive, combinée à une veille technologique constante, permet de rester un pas en avant face aux nouvelles menaces émergentes.

Voir la formation pro « Hacking : introduction à la sécurité des systèmes et réseaux »

Voir la formation pro « Pentest : sécurisation avancée de systèmes et réseaux »

NIS2 et DORA : deux textes qui créent des milliers de nouveaux postes

Le contexte réglementaire renforce encore la demande. Le règlement DORA s’applique directement au secteur financier depuis le 17 janvier 2025, imposant des exigences strictes de résilience opérationnelle. La directive NIS2, dont la transposition française (loi Résilience) est attendue à l’été 2026, va faire passer le périmètre des entités soumises à des obligations de cybersécurité d’environ 300 organisations à près de 15 000, collectivités territoriales de plus de 30 000 habitants comprises.

Ces deux textes ne créent pas seulement des postes techniques. Ils génèrent une demande immédiate de responsables conformité, de consultants GRC (gouvernance, risque, conformité), d’auditeurs et de correspondants sécurité dans des structures qui n’avaient pas ces fonctions auparavant. Des métiers accessibles aux profils en reconversion, y compris sans background informatique, après une formation ciblée de 4 à 6 mois.

Des milliers d’offres d’emploi

À quel(s) poste(s) puis-je prétendre dans le cadre d’une reconversion en cybersécurité ?

La première raison de se reconvertir dans la cybersécurité est la forte demande d’experts. Il en manquerait entre 15 000 et 20 000 en France chaque année, selon les données croisées de l’ANSSI et de France Compétences. Un chiffre que confirment les recruteurs du secteur.

« 45 % des entreprises indiquent qu’elles peinent à pourvoir les postes ouverts en cybersécurité », Fortinet

L’entreprise américaine spécialisée dans la cybersécurité estimait par ailleurs qu’il y avait dans le monde plus d’un million de postes vacants et « jusqu’à 3 millions potentiellement dans les années à venir ». Les entreprises, les gouvernements, les collectivités et les acteurs publics sont de plus en plus à la recherche de professionnels de la cybersécurité pour protéger leurs données et leur infrastructure contre les attaques de pirates informatiques. Si ces structures en ont de plus en plus conscience et prévoient des budgets pour, le manque de personnel qualifié fait toujours défaut. Si bien qu’il faut saisir cette opportunité, notamment dans une idée de reconversion professionnelle ou de montée en compétences vers la cybersécurité.

Une diversité des métiers

La seconde raison repose sur la diversité des métiers et des entreprises. La cybersécurité est un domaine aux nombreuses spécialisations allant de la sécurité des réseaux à la sécurité des données en passant par l’analyse de la cybersécurité et la gestion des risques. Les futurs professionnels peuvent donc trouver des opportunités en fonction de leurs compétences et de leurs envies. Ils peuvent aussi travailler dans des entreprises spécialisées, de toutes tailles et dans de nombreux secteurs d’activité (banque, assurance, e-commerce, industrie, conseil, agroalimentaire, etc.). C’est ce qui en fait sa richesse.

Des rémunérations élevées

Travailler dans la cybersécurité est aussi gage d’obtenir un salaire (très) intéressant. L’Observatoire des métiers de la cybersécurité 2025 met en avant que si les niveaux de rémunération sont « très variables »,

« 50 % des professionnels de la cybersécurité perçoivent entre 35 000 euros et 64 999 euros brut par an, 12 % perçoivent moins de 35 000 euros brut et 12 % touchent 100 000 euros ou plus. »

De quoi donner une idée franche de ce que représente le domaine. Ce sont dans les structures de 1 000 salariés et plus que l’on retrouve les plus fortes rémunérations. 63 % des personnes les plus rémunérées gagnent 75 000 euros et plus.

Pour affiner ce panorama, voici les fourchettes par métier en 2026, issues des principales études de rémunération du secteur (Licorne Society, APEC, Michael Page). Tous les montants sont exprimés en brut annuel.

Analyste SOC junior
35 000 à 42 000 €
Pentester débutant
42 000 à 50 000 €
Consultant GRC junior
45 000 à 55 000 €
DevSecOps junior
45 000 à 52 000 €
Ingénieur cybersécurité
45 000 à 60 000 €
Consultant GRC confirmé
58 000 à 75 000 €
Architecte sécurité
70 000 à 95 000 €
RSSI
80 000 à 150 000 €

Sources : Licorne Society 2026, APEC, Michael Page. Brut annuel, France. Prime de 10 à 15 % en Île-de-France. Les profils certifiés (CISSP, OSCP, CEH) perçoivent en moyenne 10 à 25 % de plus à poste équivalent.

Et bien d’autres avantages

Les métiers de la cybersécurité offrent d’autres avantages et suscitent un intérêt puisqu’il est question d’évoluer dans un domaine innovant, qui fait sens, aux réelles opportunités de carrière. D’un secteur d’avenir dont les métiers évoluent en permanence. Des arguments qui ont de quoi convaincre.

Trouver le bon métier

Quels sont les métiers de la cybersécurité pour une bonne reconversion ?

Lors d’un projet de reconversion professionnelle, choisir la cybersécurité c’est d’abord savoir vers quels métiers se diriger. Il y en a des dizaines classées en cinq catégories, selon les critères établis par l’ANSSI.

Gestion de la sécurité et pilotage des projets de sécurité

  • Directeur Cybersécurité
  • Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI)
  • Responsable de projet de sécurité

Conception et maintien d’un SI sécurisé

  • Chef sécurité de projet
  • Architecte sécurité
  • Spécialiste sécurité d’un domaine technique
  • Spécialiste en développement sécurisé
  • Cryptologue

Gestion des incidents et des crises de sécurité

  • Responsable du SOC
  • Opérateur analyste SOC
  • Responsable du CSIRT

Conseil, services et recherche

  • Consultant en cybersécurité
  • Formateur en cybersécurité
  • Développeur de solutions de sécurité
  • Intégrateur de solutions de sécurité

Métiers connexes

  • Directeur sûreté
  • Manager de risques
  • Responsable des assurances

Des compétences et des qualités

Tous ces spécialistes en cybersécurité sont recherchés, et pour occuper l’un de ces postes, il est fondamental d’être formé, qualifié et compétent. Dès lors, dans un processus de reconversion, il est important d’évaluer ses compétences actuelles afin d’identifier ses futurs besoins en formation. Ainsi, si le projet de carrière est de devenir développeur spécialiste en cybersécurité, posséder des bases et des connaissances en développement informatique, en réseau ou encore en base de données et gestion des systèmes est requis. Cela facilitera grandement la compréhension des nouvelles techniques. Suivant le métier envisagé, il est conseillé de connaître (voire parfois de maîtriser) l’anglais, les algorithmes, le code, la protection des données, etc.

Des soft skills nécessaires

Elles seront différentes selon le métier, mais les missions ont en commun leur diversification. Ce qui nécessite une capacité d’adaptation, de savoir faire de la veille constante sur son secteur et sur les menaces, et de réaliser une mise à jour régulière des outils. C’est pour cela que des qualités et des soft skills sont utiles. En particulier les critères suivants : curiosité, rigueur, logique, réactivité, patience, adaptation au changement, empathie, résolution de problèmes, communication, pédagogie. Des critères attendus par les recruteurs.

Quelles formations pour une reconversion en cybersécurité ?

S’engager dans une reconversion professionnelle, c’est donc se former en cybersécurité. Pour cela, trois solutions :

  • La formation interne à une entreprise. En poste au sein d’une structure, dans un grand groupe généralement, il est possible de se former en cybersécurité pour monter en compétences. Thales le permet par le biais de la formation Forcy lancée en 2015. Elle s’adresse ainsi aux « ingénieurs souhaitant réorienter leur carrière dans la cybersécurité ». Orange avec son académie de cyberdéfense propose de former les salariés du groupe à la cybersécurité par le biais d’une formation continue. Les axes portent sur la cybersécurité du cloud, sur la threat intelligence, la cybersécurité industrielle ou encore l’IA.
  • La formation continue. Au sein d’un centre de formation, d’une université ou d’une école spécialisée dans les métiers de la cybersécurité, il est possible d’apprendre les éléments fondamentaux de la cybersécurité, d’obtenir des certifications précises et une expertise.
  • Une troisième option : suivre une formation accélérée en cybersécurité, appelée « bootcamp ». Le principal avantage de ce format réside dans sa durée : un Bootcamp est une formation courte et intensive, environ trois mois, qui permet d’apprendre un métier de la Tech de A à Z.
  • Il est également envisageable de se former en cursus initial en Bachelor, Licence ou MSc, si la personne n’a aucune notion d’informatique ni de cybersécurité. Il faudra alors partir sur un apprentissage complet en trois et/ou cinq ans.

Le coût d’une formation en reconversion peut sembler dissuasif au premier abord. Sept dispositifs publics et privés permettent pourtant d’en couvrir tout ou partie en 2026 : CPF, projet de transition professionnelle, AIF de France Travail, OPCO sectoriels, plan de développement des compétences, prêt étudiant garanti par l’État, dispositifs régionaux. Notre guide complet du financement formation cybersécurité détaille chaque dispositif avec les plafonds, les démarches et les délais.

Changement de vie professionnelle, opportunités de carrière qui correspondent mieux à certaines attentes personnelles, nouveaux défis : quelle que soit la raison d’une reconversion professionnelle, il est important de prendre le temps de réfléchir à cette décision et de rechercher des informations sur les possibilités de formation et sur les débouchés.

Ce qui est sûr, c’est qu’en faisant le choix d’une nouvelle carrière dans la cybersécurité, l’opportunité de trouver un travail passionnant, stimulant et technique est tout à fait possible. D’autant que le contexte est favorable à l’employabilité avec des structures qui recherchent activement des personnes compétentes afin de les protéger des menaces cybers toujours plus nombreuses.

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Questions fréquentes

Pourquoi se reconvertir dans la cybersécurité ?

Secteur d’activité qui ne connaît pas la crise, la cybersécurité est une filière qui ne cesse de croître en fonction des risques et des attaques cyber grandissants. La France compte plus de 80 000 professionnels en poste et 15 000 à 20 000 postes non pourvus chaque année. Les opportunités ne manquent pas, et les rémunérations sont parmi les plus attractives du numérique.

Comment se reconvertir dans la cybersécurité ?

Dans un projet de reconversion professionnelle, il faut d’abord savoir vers quel métier se tourner. Dans la cybersécurité, il y en a des dizaines, tous différents les uns des autres. À déterminer en fonction de son intérêt, de ses compétences et de ses appétences. Il sera nécessaire d’évaluer son niveau pour sélectionner ses besoins en formation afin de devenir un expert en cybersécurité.

Quelle formation choisir en reconversion professionnelle dans la cybersécurité ?

Pour être compétent dans le métier envisagé, le passage par la case formation est fondamental. Trois options : la formation initiale pour les personnes n’ayant aucune connaissance du secteur, la formation continue pour celles qui disposent déjà de bases, et les programmes de formation interne pour les salariés de grandes structures comme Thales ou Orange.

Quels sont les salaires des métiers de la cybersécurité en 2026 ?

Ils sont, dans leur ensemble, plus élevés que la moyenne. L’Observatoire des métiers de la cybersécurité 2025 souligne que 50 % des professionnels perçoivent entre 35 000 et 64 999 euros brut par an, et que 12 % touchent 100 000 euros et plus. Un analyste SOC junior démarre entre 35 000 et 42 000 euros, un pentester débutant entre 42 000 et 50 000 euros. Les RSSI atteignent 80 000 à 150 000 euros selon la taille de l’organisation.

NIS2 et DORA ouvrent-ils de nouvelles opportunités de reconversion ?

Oui, significativement. DORA s’applique au secteur financier depuis janvier 2025. NIS2, transposée par la loi Résilience attendue à l’été 2026, va faire passer le périmètre réglementé d’environ 300 à près de 15 000 organisations en France. Ces textes créent une demande urgente de consultants GRC, responsables conformité et auditeurs, accessibles aux profils non techniques après une formation de 4 à 6 mois.

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