On le sait, la cybersécurité est une filière d’avenir. Les menaces sont toujours présentes, les moyens pour les contrer de plus en plus importants, les prises de conscience se généralisent, et les besoins en recrutement de personnes qualifiées sont essentiels. Dans ce contexte, le nombre d’offres d’emploi s’étoffe année après année, augmentant de 49 % entre 2019 et 2024. Pourtant les employeurs peinent à trouver des candidats, c’est ce que pointe le 4ème Observatoire des métiers de la cybersécurité 2025. Qui souhaite travailler dans le domaine de la cybersécurité est assuré de trouver un métier lui correspondant. Toutes les filières n’ont pas cette chance de connaître un si fort dynamisme. Il faut dire que cette situation est la conséquence directe et malheureuse de l’explosion des cyberattaques.
Partout dans le monde, quelle que soit l’organisation (entreprises, organismes publics, hôpitaux, collectivités, exploitations agricoles, écoles…), plus personne n’échappe aux enjeux de sécurité informatique. Face à cette réalité, les besoins en professionnels capables de prévenir les attaques, de protéger des données sensibles, de garantir la continuité des activités ou encore de sensibiliser le plus grand nombre aux risques cyber ne cessent de croître. La cybersécurité s’impose ainsi comme un secteur stratégique offrant de très nombreuses opportunités et des perspectives d’évolutions durables. Les offres d’emploi ont considérablement augmenté, malgré tout, les employeurs connaissent des difficultés de recrutement, c’est le constat établi par le 4ème Observatoire des métiers de la cybersécurité. Une enquête menée par le Centre de formation à la sécurité des systèmes d’information de l’Anssi, en partenariat avec l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) et la Direction générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) qui permet de mieux comprendre la structuration du marché de l’emploi de la sécurité des systèmes d’information.
L’Observatoire des métiers de la cybersécurité
Construit en deux parties, l’enquête offre d’abord une photographie générale de la population composant l’écosystème cyber français.
L’objectif étant de mieux connaître certaines de leurs caractéristiques : parcours, profils, perspectives d’évolutions, etc.
Premiers constats : 1 répondant sur 2 travaille dans une structure de 1 000 salariés ou plus et 66 % des répondants travaillent dans le secteur privé.
Également, pour la moitié des répondants, la cybersécurité ne constitue pas leur domaine d’expertise d’origine : 40 % ont principalement exercé dans le domaine de l’informatique/numérique et 12 % l’ont été dans un autre domaine.
La seconde vise à identifier les grandes tendances du marché, notamment les types d’offres, le niveau de qualifications attendu ou encore la localisation des offres.
Premiers constats : le nombre d’offres d’emploi a augmenté de 49 % entre 2019 et 2024. De plus, le niveau de qualification reste élevé avec 40 % des offres qui requièrent un niveau Bac +5.

Les professionnels de la cybersécurité
Quel est le profil des professionnels de la cybersécurité ?
Il faut souligner que ce profil est réalisé en fonction des retours des répondants, ce qui peut donner une certaine idée des grandes tendances.
- Sexe : 84 % sont des hommes et 15 % des femmes
- Âge : 54 % ont moins de 45 ans dont une proportion de 18 % de moins de 30 ans
- Diplôme : 74 % ont un niveau Bac +5 ou plus
- Contrat : 74 % sont en CDI
- Statut : 68 % sont cadres
- Principaux métiers exercés : RSSI (30 %), consultant en cybersécurité (16 %), directeur cybersécurité (7 %), formateur en cybersécurité (5 %), administrateur de solutions de sécurité (4 %)
- Localisation : 43 % travaillent en Île-de-France, 9 % en Auvergne-Rhône-Alpes, même chose en Bretagne
- Type d’employeur : 66 % évoluent dans une entreprise privée, 23 % dans la fonction publique
Dans quels secteurs d’activité évoluent les professionnels de la cybersécurité ?
L’Observatoire montre que 65 % des professionnels ayant répondu à l’enquête travaillent essentiellement au sein de structures qui ne sont pas spécialisées en cybersécurité et sont majoritairement de grande taille (45 %).
Parmi les secteurs arrivant en tête des réponses, l’informatique/numérique, l’enseignement/formation et l’administration publique et collectivité territoriale sont dans le trio de tête. Les secteurs de la banque et assurance ainsi que de la santé et du médico-social complètent le classement.
Pour les 35 % restants, ils exercent dans une structure spécialisée en cybersécurité (principalement de moins de 50 salariés) soit dans l’informatique, les services aux entreprises ou encore dans des sociétés de conseils et études. Ces structures sont en premier lieu des offreurs de services ou de solutions spécialisées.

Le parcours des professionnels de la cybersécurité et leur formation
La cybersécurité n’est pas le secteur d’origine des répondants à l’enquête de l’Observatoire. 40 % ont ainsi d’abord exercé une activité dans le domaine de l’informatique/numérique avant d’évoluer vers la cyber.
Ils ont moins de cinq ans d’expérience professionnelle en cybersécurité. Ils se sont ainsi formés en conséquence.
37 % et 33 % ont un certificat ou diplôme en cybersécurité.
Domaine d’activité évoluant très rapidement, le besoin en formation est essentiel pour maintenir à jour leurs compétences.
Si bien qu’il faut pouvoir se former, ce que font 48 % des répondants qui consacrent du temps à la formation en cybersécurité. À noter que 30 % déclarent n’avoir jamais suivi un jour de formation.
C’est d’ailleurs un point que 76 % des répondants ont soulevé à la question : « compléter ma formation et développer mes compétences dans la cybersécurité au sein de ma structure, est-ce un souhait ? ».
D’autant qu’ils souhaitent majoritairement rester dans le domaine et n’envisagent, que pour 13 % d’entre eux, de le quitter.
Les offres d’emploi dans la cybersécurité : Qui ? Où ? Quoi ?
L’Observatoire des métiers de la cybersécurité met en avant dans une seconde partie, le type d’offres d’emploi proposé par les employeurs.
Comment ? À partir d’un outil d’agrégation qui a permis de quantifier et d’analyser plus de 23 000 offres d’emploi publiées entre juin 2023 et juin 2024, dans le domaine de la cybersécurité, en France.
Résultat : en cinq ans, le nombre d’offres d’emploi a bondi de près de la moitié. Un record !

Cinq métiers recherchés
– Architecte en cybersécurité (21 %) avec une forte demande de profils de niveau Bac +5. 84 % sont des CDI.
– Consultant en cybersécurité (15 %) avec 44 % de Bac +5 et 79 % de contrats à durée indéterminée (17 % de freelance tout de même).
– Ingénieur en cybersécurité (15 %), même chose avec 47 % de Bac +5 et de nombreux CDI ( 83 %)
– Analyste en cybersécurité (8 %) : 37 % ont un Bac +5.
– Expert en cybersécurité (7 %), 32 % ont un Bac+5 et 71 % ont signé un CDI. À noter aussi que 22 % ont obtenu des contrats en freelance.
Ces métiers évoluent dans les secteurs d’activités de l’informatique et des télécommunications, des services aux entreprises, de l’industrie ou encore de la finance et de l’assurance.
Des qualifications multiples
Selon les données présentées par l’Observatoire, si 40 % des offres d’emploi en cybersécurité exigent un niveau de qualification équivalent à cinq années d’études après le baccalauréat, une part non négligeable, soit 9 %, reste accessible aux titulaires d’un Bac +2.
Des profils plutôt techniques qu’experts, mais tout autant essentiels. Par ailleurs, le rapport souligne que 34 % des offres ne mentionnent aucun niveau de diplôme précis, ce qui peut témoigner d’un secteur où les compétences techniques, l’expérience et les certifications professionnelles peuvent parfois primer sur le parcours académique.
Cette diversité de profils recherchés reflète l’ouverture du marché et les nombreuses voies possibles pour accéder aux métiers de la cybersécurité.
25 000 emplois potentiels
Selon une étude de l’Observatoire des métiers du numérique, de l’ingénieur, du conseil et de l’événement, la cybersécurité s’impose comme un enjeu stratégique majeur dont le marché français devrait dépasser les 10 milliards d’euros à l’horizon 2030.
Dans ce contexte, et alors que le secteur emploie environ 45 000 personnes, ce chiffre pourrait grimper à 70 000 d’ici deux ans.
Encore faudra-t-il pouvoir répondre à la pénurie de profils à laquelle se heurtent encore les employeurs.
L’OPIIEC formule ainsi quatre grandes recommandations, dont celle de renforcer l’attractivité des métiers en valorisant la diversité des parcours et débouchés.