Portes ouvertes en ligne : ce Mercredi à 18h

Boite à outils

Qu’est-ce qu’un cyberincident : définition, exemples et prévention

Cyberattaque, cybermenace, cyberrisque, cyberincident, etc. : la cybersécurité regorge de termes techniques qui peuvent prêter à confusion. Démêlons tout cela en nous concentrant sur le cyberincident dans cet article.

cyberincident
Contenu mis à jour le

Dès qu’on parle de cyberincident, on évoque les chiffres alarmants d’un phénomène toujours en pleine croissance. En 2023 par exemple, une entreprise sur deux a vécu un cyberincident. Les conséquences de ce type d’événement sont multiples : vol de données, perte de réputation, coût financier, etc. La multiplication des cyberincidents mérite qu’on s’attarde sur ce concept.

Qu’est-ce qu'un cyberincident ?

Un cyberincident, ou « incident de cybersécurité », désigne un événement qui menace la confidentialité et l’intégrité de votre infrastructure informatique. Un incident peut prendre différentes formes : une infection par un logiciel malveillant, une campagne d’hameçonnage, une attaque DDoS (déni de service), etc.

 

Les attaques par logiciels malveillants

Le terme « malware », contraction de « logiciel malveillant » en anglais, fait crisper le monde informatique. Pour cause, ces programmes s’infiltrent secrètement dans un appareil et se propagent dans le réseau pour perturber ou compromettre un système.

En 2023, les logiciels malveillants étaient à l’origine de 40 % des violations de données dans le monde. Le début des années 2000 marque un tournant dans leur utilisation. Avant cette date, les malwares étaient majoritairement l’œuvre d’amateurs.

Désormais, la plupart d’entre eux sont conçus par des groupes de hackers organisés, soutenus ou non par des États. Les plus tristement célèbres sont, entre autres, Stuxnet, Emotet, CryptoLocker, WannaCry, DarkSide, etc.

Les principaux moyens de propagation restent les sites web malveillants, les téléchargements de logiciels et les pièces jointes dans les e-mails.

 

Les attaques par déni de service

Un rapport trimestriel de Cloudflare en 2025 désigne les attaques DDoS comme l’une des tendances lourdes de l’année. Même son de cloche chez Microsoft, qui parle d’une intensification de leur puissance et de leur fréquence.

L’attaque DDoS n’épargne aucun secteur. En 2022 par exemple, les jeux vidéo étaient une cible privilégiée : Escape from Tarkov, Final Fantasy 14, Titanfall, etc.

Cloudflare identifie deux types d’attaques fréquentes : réseau et HTTP. Une attaque DDoS réseau envoie un grand volume de données vers un service en ligne pour saturer la connexion internet, ce qui empêche un utilisateur légitime d’y accéder. Une attaque DDoS HTTP envoie une grande quantité de requêtes normales pour épuiser les ressources du serveur. Selon le rapport de Cloudflare, les attaques sur la couche réseau représentent 71 % de ce type d’attaques.

 

Les escroqueries par phishing

Dans ce type d’escroquerie, l’attaquant use de tous les subterfuges pour obtenir de sa cible des informations sensibles comme des identifiants, des numéros de carte de paiement ou des mots de passe. Les données obtenues sont ensuite utilisées pour mener une attaque plus sophistiquée ou revendues sur le dark web.

Pour tromper sa cible, l’attaquant se fait passer pour une source fiable, à la manière d’un pêcheur utilisant un appât pour attraper un poisson. Le phishing conserve sa place en tête des principales menaces en cybersécurité. Kaspersky a recensé plus de 6,6 millions de tentatives rien qu’en 2025.

Les cybercriminels s’appuient sur l’actualité pour construire leur escroquerie. En 2025, on voit notamment des faux sites marchands proposant des tarifs anormalement bas ou des promesses de suppression de taxes.

 

cyberincident

Les principales causes d’un cyberincident

Connaître les origines d’un cyberincident permet de mieux structurer ses moyens de défense et de prévenir les futurs incidents. Les experts identifient deux facteurs principaux : l’erreur humaine et les attaques sophistiquées.

 

L’erreur humaine

Même dans les systèmes les plus sûrs, il est impossible d’obtenir un risque zéro à cause de la vulnérabilité humaine. En cybersécurité, l’humain est désigné comme la première faille pour les entreprises. L’indice de veille stratégique d’IBM lui attribue 90 % des cyberincidents.

Un autre rapport de KnowBe4 en 2025 indique que 96 % des organisations reconnaissent avoir du mal à maîtriser le risque humain. Il peut s’agir d’une mauvaise configuration d’un pare-feu, d’un mot de passe faible, d’hameçonnage, etc.

Ces chiffres confirment une tendance : l’humain devient la principale surface d’attaque. Si le principal vecteur de risque reste l’e-mail de phishing, l’IA est également à l’origine de plusieurs incidents : téléversement de documents sensibles, exposition aux deepfakes, pratique du shadow IT, etc.

 

Les cyberattaques

Une cyberattaque est une action délibérée orchestrée par un pirate ou un groupe de pirates informatiques. Le but est de voler des données ou de compromettre un système. En France, le cas le plus récent est celui de Leroy Merlin, victime d’une cyberattaque en décembre 2025.

L’incident a entraîné le vol de données personnelles des comptes de fidélité de centaines de clients. L’entreprise se veut rassurante en déclarant que les données bancaires et les mots de passe n’étaient pas concernés. Néanmoins, c’est la seconde attaque visant le groupe Mulliez après celle d’Auchan en 2024.

 

cyberincident

Les cyberincidents qui ont marqué l’année 2025

De l’extérieur, un cyberincident se résume souvent à un titre sensationnel dans les médias. Pour les organisations concernées, la réalité est tout autre. Chaque panne, chaque compromission et chaque vulnérabilité fait l’objet d’un rapport d’incident détaillé.

Ces rapports permettent aux acteurs de la cybersécurité d’adopter des mesures adaptées. L’année 2025 a été marquée par plusieurs cyberincidents dévastateurs qui ont mis en lumière une vérité : aucun secteur n’est épargné.

 

cyberincident

 

Cela a commencé par Internet Archive en fin d’année 2024. Le cyberincident a provoqué une fuite de données massive touchant plus de 31 millions d’utilisateurs. Le site a été par la suite victime d’une attaque DDoS orchestrée par le groupe BlackMeta, rendant les services de l’Archive hors ligne pendant un certain temps.

Le cyberincident touchant le Trésor américain a également marqué le début de l’année 2025. La violation de données a été perpétrée par un groupe APT chinois, exacerbée par les tensions diplomatiques entre la Chine et les États-Unis.

En juin 2025, une entreprise de distribution alimentaire américaine (UNFI) a été la cible d’une attaque par rançongiciel. Elle a rapidement pris des mesures pour contenir la menace, mais cela a retardé l’approvisionnement de plusieurs enseignes, entraînant des ruptures de stock. Cette attaque illustre la sensibilité des attaques sur la supply chain.

Un dernier exemple marquant de l’année 2025 est l’attaque zero-day sur Microsoft SharePoint. Plus de 400 serveurs SharePoint ont été touchés par cette faille, permettant aux attaquants d’accéder aux réseaux des utilisateurs du service.

Événement et incident en cybersécurité : comprendre les différences

Avec les centaines de termes techniques utilisés, on s’emmêle vite les pinceaux. Pourtant, il est important de maîtriser le langage lorsqu’on échange avec un prestataire de sécurité ou un partenaire commercial. Le cyberincident est souvent confondu avec un « événement ». Ces deux termes désignent pourtant deux situations différentes.

 

Qu’est-ce qu’un événement de sécurité ?

Un événement de sécurité désigne un changement dans le comportement de votre système, de votre environnement informatique ou de vos processus. Autrement dit : dès qu’une modification s’opère, aussi minime soit-elle, c’est un événement.

Cependant, cet événement n’est pas forcément négatif. Il peut s’agir d’une mise à jour d’un pare-feu ou du signalement d’un courriel suspect par un employé. Il peut toutefois être le signe d’un problème, comme une pratique de shadow IT ou une faille de sécurité après une panne de serveur. Dans une organisation moyenne, il se produit des milliers d’événements par jour.

 

Quel est le rôle du logiciel SIEM ?

À chaque événement, l’équipe interne reçoit une alerte, une sorte de notification. Pour éviter la surcharge, on peut définir, avec le fournisseur de sécurité, le type d’événements qui mérite une alerte sur le logiciel SIEM (Security Information and Event Management).

De son côté, nous avons vu qu’un incident de sécurité désigne toutes les modifications qui impactent négativement l’organisation. Un employé qui tombe dans le piège d’un e-mail de phishing est un exemple de cyberincident. Un cyberincident a toujours des répercussions : atteinte à la vie privée, violation de données, etc.

Pour résumer : un cyberincident est considéré comme un événement de sécurité, mais un événement n’est pas forcément un incident. Les équipes de sécurité analysent les événements pour évaluer s’ils représentent un risque. C’est là qu’interviennent les logiciels SIEM : ils automatisent le tri et ne remontent que les événements qui méritent une attention particulière.

Les moyens de prévenir un incident de sécurité

Le meilleur moyen de prévenir un incident est de mettre en place ou de renforcer ses mesures de sécurité. Cependant, si l’événement s’est déjà produit, l’organisation doit également disposer d’un plan de réaction.

 

Renforcer les mesures de sécurité

Parler de mesures de sécurité peut sembler intimidant. Pourtant, on peut prévenir de nombreux incidents grâce à des réflexes simples : vigilance et prudence. Investir dans des outils sophistiqués n’est pas toujours nécessaire si les bases ne sont pas acquises. Voici quelques mesures simples :

  • Remplacer les mots de passe par des versions plus robustes ;
  • Sensibiliser les employés à reconnaître les arnaques par phishing ;
  • Mettre à jour les logiciels et le système d’exploitation régulièrement ;
  • Employer l’authentification à deux facteurs (2FA) sur tous les comptes ;
  • Faire preuve de prudence pendant la navigation en ligne ;
  • Sauvegarder les données périodiquement pour parer à un éventuel incident ;
  • Rester informé des dernières actualités : nouvelles arnaques, ransomwares, vulnérabilités zero-day, etc. ;
  • Configurer correctement les outils de base : antivirus, VPN et pare-feu.

 

Réagir aux incidents

Si l’incident a déjà lieu, la réaction de l’organisation est déterminante pour limiter les dégâts. Un plan de réponse comprend les étapes suivantes :

  • Détecter et analyser l’incident pour comprendre sa nature, sa portée, son origine et son impact ;
  • Confiner l’incident pour limiter les dégâts en isolant les appareils touchés ou en désactivant les comptes compromis ;
  • Éradiquer la menace en supprimant les fichiers malveillants ou en corrigeant la vulnérabilité (par exemple, un changement de mots de passe) ;
  • Restaurer le système pour un retour à la normale, par exemple en récupérant les données à partir d’une sauvegarde.

Prochaine étape 👇

Prenez rendez-vous pour affiner votre projet

Vous semblez avoir le profil pour rejoindre une de nos écoles. Vous pouvez d'ores et déjà prendre rendez-vous avec nos chargés d'admission pour discuter de votre projet de formation 👇

Vous ne parvenez pas à prendre rdv ? Ecrivez à contact@guardia.school.