Se comptant en milliards, l’internet des objets soulève aujourd’hui des enjeux sociétaux et économiques majeurs. L’expression, inventée par l’informaticien Kevin Ashton en 1999, est aujourd’hui associée à la révolution industrielle 4.0.
Votre maison est-elle équipée d’un thermostat ou d’un réfrigérateur intelligent ? Ou peut-être faites-vous partie des 20 % de Français qui ont déjà porté un objet connecté (tracker, montre, etc.). Dans ce cas, vous connaissez déjà l’internet des objets.
Cette expression désigne une panoplie de technologies qui permettent à des appareils intelligents de communiquer entre eux et avec d’autres grâce à Internet.
Qu’est-ce que l’internet des objets ?
Internet des objets désigne toutes les technologies qui favorisent la connexion du monde physique et numérique. Il s’agit donc d’objets tels que des actionneurs ou des capteurs qui équipent des objets physiques. Ils sont connectés et communiquent entre eux et avec les systèmes informatiques grâce à Internet. Leur tâche consiste essentiellement à faire de la collecte de données pour nourrir le Big Data.
Bien que la première utilisation du terme remonte à la fin des années 90, l’ère de l’internet des objets commence réellement vers 2008-2009. C’est à cette époque que le nombre d’objets connectés a dépassé le nombre d’êtres humains sur Terre. En 2010, le nombre d’appareils connectés était déjà de 12,5 milliards, puis passe à 21,7 milliards en 2020 (smartphones inclus).
Certains excluent les smartphones et les ordinateurs des objets IoT parce qu’ils s’écartent de la définition. Un IoT présente un usage spécifique qui n’implique pas forcément une interaction humaine. De leur côté, les smartphones et ordinateurs assurent un rôle plutôt généraliste. Ils jouent le rôle d’interface de contrôle des appareils IoT. Un ordinateur permet par exemple d’afficher les données.

Quels sont les domaines d’applications de l’internet des objets ?
Vous pouvez voir les objets IoT dans les domaines suivants :
- Le corps humain : il s’agit de dispositifs fixés à votre corps, voire implantés. Leur but est de surveiller votre santé ou de gérer votre bien-être. Le moniteur de glucose en continu (CGM), par exemple, suit de près le taux de glycémie au quotidien grâce à un capteur implanté sous la peau. Les personnes asthmatiques utilisent aussi un inhalateur connecté pour surveiller la fréquence des crises.
- La maison : on parle par exemple des enceintes intelligentes qui sont équipées d’un assistant vocal comme Alexa. Des appareils électroménagers comme le réfrigérateur intelligent optimisent votre gestion des denrées alimentaires : liste de course, date de péremption, etc.
- Le bureau : l’éclairage intelligent trouve son intérêt dans cet environnement. La lumière s’ajuste automatiquement à la lumière naturelle et l’occupation de la pièce. Notons qu’il existe aussi des stores intelligents qui s’adaptent à l’ensoleillement. Au bureau, le contrôle climatique automatisé garantit une bonne qualité de l’air grâce à des capteurs HVAC.
- L’industrie : l’IoT sert surtout à faire de la maintenance prédictive grâce à des capteurs qui détectent des symptômes de panne. Il renforce aussi la sécurité du site via les caméras de surveillance qui traitent les informations en temps réel. Un autre terme a même fait son apparition : l’internet industriel des objets, pour désigner l’utilisation de cette technologie dans le secteur.
- Les villes : Chicago constitue le meilleur exemple de la ville intelligente. La ville a déployé un réseau de capteurs qui collecte des informations en temps réel sur la météo et la qualité de l’air. À Barcelone, l’internet des objets optimise la gestion de collecte des déchets grâce à la mise en place de conteneurs intelligents.

Quelles sont les technologies qui favorisent le développement de l’internet des objets ?
L’accélération du développement de l’internet des objets est due à plusieurs facteurs.
Les capteurs et actionneurs
D’abord, les capteurs et actionneurs ont un faible coût. Les capteurs détectent des changements de température, de lumière, de mouvement, etc.
De leur côté, les actionneurs génèrent des modifications de l’environnement comme la fermeture d’une porte de garage. Ces dispositifs rendent possible l’interaction des appareils avec le monde physique.
Des grands groupes comme Bosch et Siemens sont les principaux fabricants de ces gadgets.
La connectivité
En seconde place, il y a la connectivité. La connexion entre ces capteurs et la transmission des données serait impossible sans Internet. Le choix de la connectivité dépend de plusieurs facteurs : la portée du réseau, la capacité et la fiabilité du réseau.
Pour un réseau local, c’est-à-dire de faible portée, on privilégie le Bluetooth, la RFID et le Wifi. Sur une plus grande distance, certaines entreprises choisissent les technologies basses fréquences comme Sigfox ou la communication satellite.
La question du volume de données se pose rarement sur le réseau local. Par contre, les technologies basses fréquences présentent une capacité limitée.
Pour ce qui est de la fiabilité, le réseau cellulaire propose une couverture mondiale, permettant également la transmission des données en temps réel.
Cloud computing et analyse des données
L’internet des objets a besoin d’une plateforme IoT pour gérer les applications, analyser, stocker et sécuriser vos données.
Ces plateformes réalisent des tâches en arrière-plan, simplifiant le travail des gestionnaires et des développeurs. Elles gèrent par exemple l’extraction des données.
Pour choisir cette entreprise, vous devez également tenir compte des facteurs comme l’environnement d’utilisation, les aptitudes à gérer les données, la propriété de l’infrastructure cloud, le niveau de sécurité, la méthode de traitement des données, etc.
Le marché des plateformes IoT est dominé par des géants comme Azure de Microsoft, IBM Watson et AWS IoT.

Quel est le potentiel économique de l’internet des objets ?
L’exploitation de l’internet des objets n’en est encore qu’à ses débuts. Selon McKinsey, la valeur du secteur pourrait atteindre jusqu’à 12 500 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Le secteur qui en tire le plus de profit est l’industrie où l’utilisation de l’IoT atteindrait 3 300 milliards de dollars, selon le cabinet.
Pour le secteur industriel, la valeur économique provient essentiellement de l’optimisation des opérations. Cela consiste à la gestion quotidienne des tâches et à la réalisation de certaines opérations efficacement.
Son impact économique est aussi considérable dans le domaine de la santé. Ce marché représenterait un sixième de la valeur totale. On parle notamment des applications de soins de santé qui se multiplient. D’après Forbes, près de 646 millions d’objets IoT sont présents dans le secteur de la santé en 2023 (hôpitaux, cabinet médical, cliniques, etc.). L’apport de l’internet des objets est aussi considérable dans le secteur des véhicules autonomes, la sécurité ou encore la gestion de l’énergie.
Se former à l’IoT : une opportunité stratégique face à un marché en pleine explosion
Face à cette croissance exponentielle et aux enjeux stratégiques liés à la sécurité des systèmes connectés, les entreprises recherchent activement des profils capables de concevoir, déployer et sécuriser des architectures IoT. Se former à ces métiers devient donc un véritable levier d’opportunités.
Des formations spécialisées, comme la formation IoT – Mastère Architecte IoT et Sécurité des Systèmes Connectés proposée par Guardia Cybersecurity School, permettent d’acquérir des compétences techniques avancées tout en maîtrisant les problématiques de cybersécurité propres à l’IoT. Un positionnement clé pour accéder à des carrières à fort impact, au cœur des transformations industrielles, énergétiques et de santé.