Un logiciel que l’on oublie de mettre à jour, un mot de passe trop simple ou un dossier partagé sans restriction sur le cloud… Il ne faut parfois qu’une seconde d’inattention pour ouvrir la porte à une cyberattaque. Toutes les faiblesses d’un système ne sont pas systématiquement exploitées par des pirates. Certaines, pourtant, peuvent représenter un risque accru lorsqu’elles sont rendues publiques.

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Vulnérabilité informatique
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La vulnérabilité informatique n’est pas forcément le signe d’un système mal conçu. Dans le numérique, aucune infrastructure n’est totalement exempte de failles. Cependant, ignorer ces dernières peut coûter cher à une TPE ou une PME. Aujourd’hui, la cybersécurité passe autant par la prévention des intrusions que par l’identification rapide des vulnérabilités existantes.

En cybersécurité, une vulnérabilité informatique est une faiblesse, un défaut de conception ou une erreur de configuration présent dans un système d’information. Elle peut se cacher dans un logiciel mal mis à jour, dans une imprimante connectée ou dans les réglages d’un serveur cloud mal sécurisés. La norme internationale ISO/IEC 27002 la définit comme une faiblesse exploitable pouvant compromettre la confidentialité, l’intégrité ou la disponibilité des données.

Trois notions sont souvent mélangées : vulnérabilité, menace et risque. La vulnérabilité est la porte mal fermée ou la faille de sécurité latente. La menace désigne l’acteur malveillant, le groupe de pirates ou le logiciel automatisé qui cherche activement ces ouvertures. Enfin, le risque correspond à la probabilité qu’une attaque se produise et aux conséquences qu’elle pourrait avoir. Une faille n’est pas dangereuse en soi tant qu’elle reste isolée ou inconnue. Elle devient critique dès qu’un attaquant possède le savoir-faire nécessaire pour s’en servir comme point d’entrée.

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D’où viennent les failles de sécurité ?

Contrairement aux idées reçues, une faille de sécurité ne vient pas toujours d’un bug complexe. Elle provient généralement d’un manque de maintenance ou de mauvaises habitudes organisationnelles. L’utilisation de logiciels obsolètes arrive en tête des causes d’intrusion. Lorsqu’un éditeur cesse de supporter un produit, les nouvelles failles découvertes ne sont plus réparées. Cela laisse des vulnérabilités connues exploitables pendant longtemps. C’est ce que l’on observe fréquemment avec d’anciennes versions de Windows ou des logiciels métiers vieillissants.

Une mauvaise configuration peut aussi exposer un système à des cyberattaques. Il peut s’agir d’un serveur mal paramétré exposant des bases de données sur internet sans protection. S’ajoutent à cela les comptes administrateurs qui conservent des mots de passe par défaut. Les pirates ciblent également très souvent les personnes elles-mêmes. Ils exploitent des mots de passe faibles ou recourent à des techniques de manipulation en ligne, comme le phishing. D’ailleurs, avec le télétravail, le problème s’est amplifié. Les ordinateurs personnels et les réseaux domestiques, généralement moins protégés, facilitent l’accès au système de l’entreprise.

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Les failles de sécurité ne prennent pas toutes la même forme. On peut les regrouper en plusieurs catégories majeures, selon l’endroit où elles apparaissent et la façon dont elles peuvent être exploitées.

Les vulnérabilités applicatives et logicielles

Certaines failles sont directement liées au code des applications. C’est le cas de l’injection SQL. Ici, un attaquant profite d’un champ mal protégé pour envoyer des requêtes qui vont parler directement à la base de données et en extraire des informations sensibles. On retrouve aussi les failles XSS (Cross-Site Scripting), qui permettent d’insérer du code malveillant dans des pages web affichées à d’autres utilisateurs. Ces vulnérabilités sont particulièrement critiques car elles touchent des services visibles et accessibles en ligne, comme un site web ou un espace client.

Les dépendances et composants tiers

Les logiciels actuels sont rarement conçus entièrement à partir de zéro. Les développeurs utilisent des bibliothèques de code préexistantes pour gagner du temps. Si l’une de ces briques contient une faille, elle peut alors se propager à un grand nombre d’applications. Les développeurs ne s’en rendent pourtant pas toujours compte. La vulnérabilité Log4Shell, découverte en 2021, a montré l’ampleur de ce phénomène. Une simple bibliothèque utilisée partout avait alors suffi à mettre des milliers de systèmes sous pression en quelques heures.

Le catalogue CVE et le score de gravité CVSS

Pour s’y retrouver, la communauté de la cybersécurité attribue à chaque faille un identifiant unique, appelé CVE (Common Vulnerabilities and Exposures). Cela permet de les référencer de manière claire et universelle. Le score CVSS évalue leur gravité sur une échelle de 0 à 10. Plus le score est élevé, plus la faille est critique et urgente à corriger, car son exploitation peut être simple et ses conséquences importantes.

 

Vulnérabilité informatique

Comment une vulnérabilité est-elle exploitée ?

Entre sa découverte, par un hacker éthique ou un cybercriminel, et ses premiers impacts, une faille suit une trajectoire bien identifiable. Une fois la vulnérabilité identifiée, il faut corriger rapidement le problème côté éditeur. Ce dernier va travailler à la mise en place d’un correctif (patch). Entre la détection de la faille et la publication de cette mise à jour, il existe une période critique appelée Zero-Day pendant laquelle le système est totalement exposé. Durant cette phase, en effet, aucun bouclier logiciel n’existe encore.

Dès que la vulnérabilité est rendue publique (divulgation), les attaquants conçoivent un programme capable d’exploiter la faille : l’exploit. Les équipes IT doivent rapidement appliquer les correctifs. Les pirates vont, en effet, scanner le web à la recherche de serveurs qui n’ont pas encore appliqué la mise à jour de sécurité.

Quelles conséquences pour une entreprise ?

Une vulnérabilité exploitée peut avoir des conséquences bien plus graves qu’un simple problème technique. La première d’entre elles est le vol de données sensibles : fichiers clients, coordonnées bancaires, documents internes… Ces informations peuvent être récupérées et revendues sur le dark web, ou utilisées pour usurper des identités. Dans certains cas, cela peut aussi entraîner des sanctions juridiques, notamment lorsque les règles du RGPD n’ont pas été respectées. 

L’activité de l’entreprise et son chiffre d’affaires vont être rapidement affectés. Un attaquant peut bloquer l’accès aux serveurs ou déployer un ransomware (rançongiciel), empêchant les équipes de travailler normalement. Mais, c’est l’image de l’entreprise qui va le plus en souffrir. Une organisation touchée par une faille perd en crédibilité, aussi bien auprès de ses clients que de ses partenaires. Et reconstruire cette confiance peut prendre du temps, parfois bien plus que la résolution technique de l’incident lui-même.

 

Vulnérabilité informatique

Comment prévenir et corriger une vulnérabilité informatique ?

Mettre en place une stratégie de défense ne demande pas forcément un gros budget. Ce qui fait la différence, c’est surtout la régularité et une bonne discipline dans le temps. La gestion des vulnérabilités repose avant tout sur deux choses : anticiper autant que possible, et réagir rapidement quand une faille est détectée.

Renforcer les systèmes et réduire les failles techniques

Les mises à jour doivent être automatisées autant que possible afin de limiter la période pendant laquelle les systèmes restent exposés. Il existe des outils de scan permettant de détecter les failles connues et les ports ouverts. Une gestion optimisée des accès est tout aussi importante. Des mots de passe solides, l’authentification à deux facteurs et la suppression des comptes inutilisés réduisent fortement les risques d’intrusion.

Il faut en même temps maintenir un système propre. Les logiciels obsolètes ou oubliés peuvent devenir des points d’accès pour un attaquant. Anticiper les incidents avec un plan de continuité d’activité (PCA) permet de rétablir rapidement le système en cas d’incident majeur. Il doit être combiné à des sauvegardes régulières et isolées.

Agir sur le facteur humain et maintenir une vigilance continue

Le facteur humain reste essentiel. Beaucoup d’attaques commencent simplement par un mail piégé ou une tentative de manipulation. Un utilisateur attentif et averti sera en mesure d’éviter l’incident. La gestion des vulnérabilités informatiques doit ainsi être comprise dans la stratégie de l’entreprise. Elle ne consiste pas uniquement à protéger les machines ou les logiciels. Elle protège aussi l’activité, les données, les clients et la continuité du service. 

Aucune organisation n’est jamais totalement à l’abri des failles numériques. La cybersécurité consiste surtout à rendre une cible plus difficile à compromettre pour décourager les attaques opportunistes. Dans la majorité des cas, celles-ci profitent de failles assez simples, parfois déjà corrigées ailleurs mais que vous n’avez pas encore mises à jour.

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