Ces deux approches connaissent une croissance grandissante. D’un côté, le No-Code permet à qui le souhaite de créer site internet et application sans maîtrise des langages de programmation. De l’autre, la cybersécurité a pris une place incontournable, et protéger les systèmes d’information est devenu essentiel. Dans ce contexte, comment les solutions en No-Code peuvent-elles garantir la sécurité ?
Nous avons vu dans un précédent article (mettre le lien vers le top 10 des applications No-Code), comment l’approche No-Code avait explosé ces dernières années. N’importe qui peut aujourd’hui développer un site internet, une application, des espaces collaboratifs… en utilisant des outils No-Code et ce, sans avoir de connaissances préalables en programmation.
Ces outils fournissent des fonctionnalités préconstruites et sur-mesure, et non de simples pages web basiques, comme c’était le cas il y a encore quelques années. Il est ainsi possible d’optimiser et d’automatiser un processus de gestion de commande, de créer un portail client, un catalogue de produits ou encore de réaliser une cartographie de points de vente assez simplement.
Par ailleurs, les outils No-Code sont pensés pour des profils non-techniques et accessibles depuis le cloud. Rien n’est à installer sur son ordinateur. Grâce à un large choix, en quelques heures, chacun peut mettre en place des solutions simples sans y passer un temps interminable.
D’autres outils existent et demandent quant à eux une réelle prise en main.
La sécurité avant tout
Utiliser ces outils-là revient à ne pas utiliser de langage de programmation. En effet, lorsque l’on n’est pas un expert informatique et que l’on souhaite créer un site internet, écrire des lignes de code peut s’avérer fastidieux et exige une compréhension des concepts.
Avec le No-Code, cela permet d’éviter nombre d’erreurs et de réduire drastiquement l’introduction de vulnérabilités puisque les fournisseurs proposent des solutions sécurisées. Ce sont ces derniers qui prennent en charge les mises à jour de sécurité nécessaires, assurant alors les correctifs. Ceci étant, la sécurité n’est pas un vain mot. Bien au contraire. On vous dit pourquoi.

Le risque cyber est important
Bien que le No-Code permette de concevoir rapidement des sites et applications sans compétences techniques avancées, il est essentiel d’en comprendre les enjeux en matière de cybersécurité. Ces derniers restent nombreux et parfois sous-estimés. Ainsi, la facilité d’usage ne doit pas masquer les risques associés à la sécurité des données ou au respect de la confidentialité.
Authentification insuffisante
La gestion des droits d’accès est souvent simplifiée, ce qui peut entraîner des accès non autorisés, et des fuites de données, entre autres. L’usurpation d’identité constitue ainsi une menace majeure. Configurer correctement des paramètres d’autorisation et d’authentification est une première condition indispensable lors de l’usage du No-Code.
La gestion des données
Les données saisies via ces solutions sont hébergées par les fournisseurs de plateformes No-Code. Cette dépendance implique un risque de violation de données, notamment en cas d’attaque qu’ils peuvent subir (ce qu’ils évitent le plus possible en se protégeant en fonction).
L’utilisateur dispose souvent d’une visibilité limitée sur les mécanismes de protection mis en place, tels que le chiffrement, les sauvegardes, les contrôles d’accès, etc.
Si les plateformes n’utilisent pas ces mécanismes, les données peuvent alors être compromises.
Par ailleurs, le No-Code peut entraîner des risques de non-conformité réglementaire, notamment au regard du RGPD (la réglementation européenne en matière de protection des données), lorsque les données sont stockées hors de l’Union européenne ou lorsque les conditions de traitement ne sont pas clairement définies.
Vulnérabilité des composants tiers
Il est possible que les plateformes No-Code s’appuient sur des composants tiers : bibliothèques, frameworks, API, etc. Sans mise à jour ni vérification assidue, ces composants peuvent introduire des failles de sécurité.
Dépendance aux plateformes
Enfin, la dépendance à un fournisseur constitue un risque supplémentaire : une indisponibilité du service, un changement de politique commerciale ou une cessation d’activité peut compromettre la continuité et la sécurité des applications développées.
Une mauvaise configuration de la sécurité constitue donc un point critique des plateformes No-Code. Les paramètres par défaut incluent souvent des secrets codés en dur, un accès public ou des composants obsolètes, créant des failles de sécurité faciles à exploiter.
Par exemple, laisser des comptes d’administrateur par défaut actifs ou ne pas restreindre l’accès aux ressources sensibles peut entraîner des violations de données graves.
Ainsi, si le No-Code représente une opportunité indéniable en termes de rapidité et de coût, il doit être utilisé avec une approche vigilante et encadrée, intégrant des mesures de gouvernance, de contrôle de la sécurité et d’évaluation des risques cyber.

Les actions pour réduire les risques
Il est fondamental d’atténuer les risques cyber. Si bien que pour y parvenir, plusieurs mesures sont à envisager :
1 : S’assurer avant toute chose que les plateformes disposent de fonctionnalités de sécurité avancée, comme le cryptage, le contrôle d’accès et des sauvegardes pour protéger les données sensibles.
2 : Prendre conscience des bonnes pratiques de sécurité : mot de passe fort, mécanismes d’authentification et d’autorisation à deux facteurs, mise à jour des applications. Ainsi, l’authentification multifacteurs (AMF) est l’un des moyens les plus efficaces de prévenir les accès non autorisés.
3 : Vérifier les autorisations accordées aux applications tierces : limitation de l’accès aux seuls points de terminaison nécessaires à l’application et renouvellement régulier des clés API et jetons. Surveillance des habitudes d’utilisation afin de détecter toute activité inhabituelle pouvant indiquer un accès non autorisé.
4 : S’assurer que les données sensibles sont chiffrées. De nombreuses plateformes proposent le chiffrement par défaut, mais il faut vérifier qu’il est correctement configuré. Aussi, il faut conserver les données critiques sur des serveurs sécurisés dotés de contrôles d’accès stricts.
5 : Fournir aux utilisateurs des programmes de formation et de sensibilisation à la sécurité.
6 : Planifier des audits de sécurité réguliers afin d’évaluer les paramètres de l’application. Ces audits doivent également être effectués après des mises à jour majeures ou l’ajout de nouvelles intégrations.
Si plus de 70 % des nouvelles applications d’entreprise sont développées à l’aide de plateformes Low-Code ou No-Code d’ici 2027 (selon un rapport Gartner), la sécurité demeure un enjeu majeur.

Les avantages du No-Code pour les professionnels de la cybersécurité
Les plateformes No-Code présentent aussi des opportunités et des défis à relever pour les organisations qui déploient une politique cyber et les professionnels de la cybersécurité.
Dès lors, les équipes responsables de la sécurité informatique peuvent utiliser le No-Code pour faciliter leur quotidien, comme :
– Automatiser des tâches : tri des alertes de menaces, les procédures de réponse aux incidents et la gestion des vulnérabilités.
– Connecter différents outils de sécurité et orchestrer les actions entre eux, améliorant les temps de réponse.
– Prototyper et déployer de petites applications pour répondre aux préoccupations de sécurité immédiates ou rationaliser les processus, sans les coûts supplémentaires d’un cycle de développement complet.
– Créer des tableaux de bord personnalisés, des outils de reporting et des applications simples pour surveiller le niveau de sécurité, suivre les incidents ou gérer les contrôles d’accès, sans avoir besoin de développeurs.
Pour conclure, les plateformes No-Code offrent un moyen efficace d’accélérer le développement d’applications.
Cependant, leur utilisation exige une analyse approfondie des risques potentiels, une gouvernance rigoureuse et la mise en œuvre de bonnes pratiques de sécurité afin de garantir que la simplicité du déploiement No-Code ne se fasse pas au détriment des enjeux de sécurité.