Travailler dans la cybersécurité exige de se former afin d’acquérir des compétences nécessaires à son futur emploi. Domaine en constante évolution, marqué par des menaces toujours plus grandes et sophistiquées ainsi que des technologies pointues, il est fondamental de suivre une formation pour être en capacité de répondre à ses enjeux. Parmi les offres proposées, une licence en cybersécurité, effectuée à l’université, peut s’avérer un choix pertinent. On vous dit pourquoi.
Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes : 67 % des entreprises françaises ont été victimes d’au moins une cyberattaque en 2024. En 2023, elles étaient 53 % (étude Hiscox, 2024).
La même année, la cybercriminalité a représenté un coût estimé à plus de 100 milliards d’euros pour les entreprises françaises (Statista).
Enfin, 82 % des dirigeants travaillant dans le e-commerce pensent que les tentatives de cyberattaques vont continuer à augmenter en 2025 (la Fevad et LSA, 2025).
Devant ce constat qui, chaque année, prend de plus en plus d’ampleur, il est clair que la cybersécurité est un enjeu majeur pour n’importe quelle organisation.
Face à la multiplication des cyberattaques, résultat d’une digitalisation accrue de la société et d’une multiplication des données, le besoin en experts qualifiés pouvant anticiper, protéger, répondre aux attaques n’a jamais été aussi élevé.
Pour ce faire, se former demeure la première étape. Dans ce cadre, la licence en cybersécurité est une option.
Pourquoi faire une licence ?
Une licence est une formation de niveau bac +3 qui s’effectue à l’université.
Elle se prépare après le bac et valide l’obtention de 180 crédits ECTS. Une licence permet à la fois une poursuite d’études (master, MSc…) ou, plus rarement, une insertion professionnelle.
Ce diplôme atteste ainsi de l’acquisition d’un socle de compétences : disciplinaires, préprofessionnelles, transversales et linguistiques.
Le site de l’Enseignement supérieur indique qu’en licence “les parcours de formation sont organisés de façon à permettre à l’étudiant de choisir progressivement son orientation. Cette organisation lui donne le temps de mûrir son projet personnel et professionnel”.

Pourquoi une licence en cybersécurité ?
Comment se préparer à résister aux attaques cyber ? C’est tout l’enjeu des organisations (entreprises, collectivités, associations…) qui se retrouvent être la cible des cyberattaquants. Si bien qu’elles doivent recruter pour pallier tout risque.
Si bien que selon l’Anssi, entre 2019 et 2024, les offres d’emploi ont augmenté de 49 %. Parmi elles, les demandes ont concerné principalement des profils à Bac +5 (40 %) et 6 % pour des Bac +3, donc de niveau licence. Les perspectives de trouver un job restent alors fortes.
Dans son Observatoire des métiers de la cybersécurité version 2025, l’Anssi indique par ailleurs que “les offres d’emploi augmentent de manière considérable dans ce secteur d’activité”, seulement une pénurie de talents est réelle et ce, malgré les offres de formations en cybersécurité qui se multiplient.
La différence entre licence et bachelor
Lorsque l’on parle de licence, il s’agit avant tout de formations reconnues par l’Etat dont la théorie est reine.
Elles sont dispensées dans des universités et, généralement, leur programme est construit pour mener à une poursuite d’études : en master, grandes écoles… En cybersécurité, on ne peut pas dire que l’offre soit très étoffée, néanmoins ces formations donnent des clés pour ensuite se spécialiser.
En face, il existe les bachelors bien plus professionnalisants. Ils s’effectuent en écoles privées bien souvent et offrent davantage de pratique, des stages et de l’alternance. Ces formations amènent à une insertion sur le marché du travail ou à une poursuite d’études. Des cursus que nous proposons à la Guardia Cybersecurity School.
Bachelor Cybersécurité
En trois ans après le bac, vous vous formez aux fondamentaux techniques de la cybersécurité et développez des compétences solides en protection, analyse et investigation numérique. Le Bachelor cybersécurité (possible en alternance en 3ème année) vous prépare aux métiers de la cybersécurité opérationnelle, en vous initiant aux pratiques de pentesting, de forensique, d’administration sécurisée et aux bases du développement sécurisé. Vous apprendrez à identifier les vulnérabilités, protéger et sécuriser les infrastructures, et réagir face aux cyberattaques dans des environnements techniques réels. A l’issue de la formation, vous serez prêt à intégrer une équipe de sécurité, un centre opérationnel (SOC) ou à poursuivre en Mastère, soit en cybersécurité offensive et défensive, soit en sécurité des infrastructures & cloud, soit en IoT et écurité des systèmes connectés, pour approfondir votre expertise.
En 3ᵉ année du Bachelor, les étudiants choisissent une option pour personnaliser leur parcours selon leurs ambitions :
- Option A : DevSecOps & Pentest → pour apprendre à sécuriser le code, tester les systèmes et automatiser la sécurité dans le développement.
- Option B : Sécurité ISR & Reverse Engineering → pour analyser les menaces, comprendre les attaques complexes et renforcer la résilience des systèmes critiques.
- Option C : Gouvernance, Risques & Conformité → pour maîtriser les normes, les cadres réglementaires et la gestion stratégique de la cybersécurité dans les organisations.
Bachelor Chef de Projet Cybersécurité (Accessible sans formation technique)
En trois ans après le baccalauréat, le Bachelor Chef de Projet Cybersécurité (Bachelor Cybersecurity Project Manager) forme des professionnels capables de piloter la sécurité des systèmes d’information à la croisée de la technologie, du management, du business et de la géopolitique. La formation associe bases techniques solides (systèmes, réseaux, pentest, forensique), compétences managériales et organisationnelles (gouvernance, gestion de projet, conformité) et vision stratégique (souveraineté numérique, enjeux internationaux, cyberdéfense). Grâce à une pédagogie par projets, vous développez une compréhension globale des menaces et apprenez à coordonner la réponse technique, humaine et stratégique face aux risques cyber. À l’issue de la formation, vous êtes prêts à occuper des postes de chef de projet cybersécurité, coordinateur sécurité, analyste risques ou consultant en stratégie cyber, ou à poursuivre vers un Mastère en gouvernance ou en renseignement.
Dès la 3ᵉ année du Bachelor Cybersecurity Project Manager, les étudiants choisissent une option :
- Option A : Governance & Compliance → pour apprendre à piloter la conformité réglementaire et la sécurité au sein des organisations.
- Option B : Intelligence & Threat Analysis → pour se former à l’analyse de la menace, au renseignement et à la gestion de crise cyber.

Les licences
A l’université, il existe environ une quarantaine de mentions de licence, dont celles qui s’inscrivent en sciences et technologie. A l’intérieur de cette grande famille, on retrouve des diplômes qui conduisent à obtenir des bases en informatique, idéales pour poursuivre ensuite en cybersécurité.
A savoir qu’il n’existe pas de licence cybersécurité, mais plutôt des parcours de formation plus généraux avec des mentions portant sur la cybersécurité. Contrairement en master.
Licence informatique
Conception de logiciels, base de données ou encore mathématiques seront abordées durant cette formation avec un enjeu fort portant sur les sciences. Généralement, la première année est une année pluridisciplinaire afin d’acquérir un socle de compétences. Puis en L3, certaines universités proposent des parcours de spécialisation.
Compétences :
En voici quelques-unes selon le référentiel de compétences disciplinaires des mentions de licence, publié par le ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.
- Appliquer des approches raisonnées de résolution de problèmes complexes par décompositions et/ou approximations successives et mettre en œuvre des méthodes d’analyse pour concevoir des applications et algorithmes à partir d’un cahier des charges partiellement donné.
- Se servir aisément de plusieurs styles/paradigmes algorithmiques et de programmation (approches impérative, fonctionnelle, objet et multitâche) ainsi que plusieurs langages de programmation.
- Concevoir le traitement informatisé d’informations de différentes natures, telles que des données, des images et des textes.
- Choisir les structures de données et construire les algorithmes les mieux adaptés à un problème donné.
- Concevoir, implémenter et exploiter des bases de données.
- Caractériser le fonctionnement des systèmes et des réseaux, ainsi que les pratiques, outils et techniques visant à assurer la sécurité des systèmes informatiques pendant leur développement et leur utilisation.
Métiers cyber visés plus tard : développeur IA, intégrateur IA, architecte big data…
Licence mathématiques
Il s’agit d’un cursus permettant d’exercer plus tard dans la cybersécurité. Après une première année durant laquelle, un étudiant va acquérir un solide socle de connaissances scientifiques, il abordera ensuite des domaines d’application tels que les statistiques, la finance, la cryptographie.
Compétences :
- Se servir des bases de la logique pour organiser un raisonnement mathématique et rédiger de manière synthétique et rigoureuse.
- Mettre en œuvre une démarche statistique pour le traitement des données.
- Utiliser les propriétés algébriques, analytiques et géométriques des espaces R, R2 , R3 , et mettre en œuvre une intuition géométrique.
- Résoudre des équations (linéaires, algébriques, différentielles) de façon exacte et par des méthodes numériques.
- Écrire et mettre en œuvre des algorithmes de base de calcul scientifique.
- Traduire un problème simple en langage mathématique.
Métiers cyber visés plus tard : développeur de solutions de sécurité, spécialiste en cybersécurité, développeur IA…
Licence MIASHS
La Licence mathématiques et informatiques appliquées aux sciences humaines et sociales constitue un équilibre entre une formation en informatique et statistiques et un enseignement en sciences humaines et sociales. Le cursus en MIASHS implique d’avoir une capacité à analyser, de poser une problématique et de mener un raisonnement.
Il suppose des capacités d’abstraction, de logique et de modélisation ainsi qu’un bon niveau en mathématiques.
Compétences :
- Mettre en œuvre des outils mathématiques et informatiques pour des applications relevant du domaine SHS, du droit, de l’économie et de la gestion.
- Mettre en œuvre des techniques algorithmiques et de programmation.
- Concevoir le traitement informatisé d’informations de différentes natures, telles que des données, des images et des textes.
- Choisir, sur des critères objectifs, les structures de données et construire les algorithmes les mieux adaptés à un problème donné.
- Concevoir, implémenter et exploiter des bases de données.
Métiers cyber visés plus tard : analyste de la menace cyber, gestionnaire de crise de cybersécurité, cogniticien…

Licence sciences pour l’ingénieur
Cette formation Bac +3 englobe un large spectre allant de la mécanique, à l’électronique et l’automatisme, à l’énergie et à la gestion des risques. Plutôt généraliste, cette licence a pour vocation de proposer une solide formation dans les diverses disciplines relevant des sciences pour l’ingénieur.
Un étudiant va ainsi développer des capacités d’analyse, de synthèse, de communication et d’autonomie mais aussi des compétences organisationnelles et relationnelles.
Compétences :
– Identifier le rôle et le champ d’application des sciences pour l’ingénieur dans tous les secteurs : milieux naturels, milieux industriels, transports, environnements urbains, etc.
– Valider un modèle par comparaison de ses prévisions aux résultats expérimentaux et apprécier ses limites de validité.
– Identifier les principales familles de matériaux et leurs propriétés. Mobiliser les outils mathématiques nécessaires à la modélisation.
– Mobiliser des concepts en mathématiques, en physique, en chimie, en thermodynamique, afin d’aborder des problèmes spécifiques aux différents domaines industriels.
– Mettre en œuvre des techniques d’algorithmique et de programmation, notamment pour développer des applications simples d’acquisition et de traitement de données.
Métiers cyber visés plus tard : ingénieur cybersécurité, directeur cybersécurité, architecte cybersécurité…
Licence sciences et technologies
Cette licence met l’accent sur l’approche des sciences ou sur une discipline plus en particulier comme les télécommunications et le numérique. A savoir que les universités proposent des parcours de spécialisations différents, certaines étant orientées dans les domaines de l’IA, l’informatique, les mathématiques.
Compétences :
– Mobiliser les concepts usuels de plusieurs champs disciplinaires au sein d’un sous-domaine scientifique et technique cohérent pour résoudre un problème complexe, notamment un problème de conception ou d’ingénierie.
– Manipuler les principaux outils de modélisation et de représentation propres à ce sous domaine pour représenter des systèmes techniques des typologies d’usagers et/ou de leurs interactions respectives.
– Se servir aisément des outils et méthodes de recueil, de traitement et d’analyse des données pour observer et analyser les phénomènes et/ou les comportements du sous domaine.
– Valider un modèle par comparaison de ses prévisions aux résultats expérimentaux et apprécier les limites de validité.
– Mettre en œuvre des techniques d’algorithmique et de programmation, notamment pour développer des applications simples d’acquisition et de traitement de données.
Métiers cyber visés plus tard : data analyst, responsable d’équipe humain-machine, ingénieur big data…
Licence de droit
Avec l’idée de travailler en cyberdéfense ou cyberveille, ce parcours de licence est adapté pour acquérir des compétences juridiques (RGPD, directive NIS2, sécurité nationale…).
Compétences :
- Repérer dans un texte juridique les concepts fondamentaux du droit interne, du droit européen et du droit international, et les replacer dans une dimension historique.
- Se servir aisément des fondements de l’analyse juridique pour lire un texte juridique et une décision de justice, identifier les règles de droit applicables, la qualification juridique des faits et les modalités de contrôle.
- Situer le droit des personnes et celui des entreprises, des administrations et de leurs personnels dans leur contexte politique, économique et social.
- Mobiliser les principales règles comptables, financières et fiscales applicables aux individus, aux entreprises, aux administrations et à l’État.
- Identifier dans un document les modes de règlement juridique des conflits (recours gracieux, conciliation, médiation, tribunaux…).
Métiers cyber visés plus tard : juriste spécialisé en cybersécurité, légiste IA, labelliseur de données…
Après une licence, que faire ?
Ces licences ne sont pas directement spécialisées en cybersécurité comme nous l’avons écrit, mais elles vont surtout permettre à tout étudiant souhaitant travailler dans ce domaine d’acquérir des bases fondamentales pour se spécialiser, ensuite, dans la sécurité des systèmes d’information et des réseaux en master (niveau Bac +5). En effet, il est plutôt rare de s’insérer dans le monde professionnel à la sortie d’une L3.
Les pistes d’orientation sont alors la poursuite en Bac +5 en master à l’université ou de choisir une école pour effectuer un MBA ou MSc avec une partie pratique et spécialisation plus forte.
Pour tout problème lié à l'envoi de ce formulaire, écrivez à contact@guardia.school